Rencontre avec les himbas

Himba Fusion

Jeudi 28 Juillet

Nous nous rendons à Opuwo ce matin.

Quelle surprise à notre arrivée lorsque nous constatons que c’est une véritable ville ! Elle nous semble immense ! On s’attendait évidemment à une petite bourgade comme nous commencions à en avoir l’habitude, mais pas du tout ! Elle mérite bien son nom de capitale du nord !

On se gare sur le parking du supermarché du coin, comme la plupart des touristes. Et à peine sommes-nous arrêtés, sans même sortir, que nous nous faisons assaillir par des femmes souhaitant nous vendre bijoux, bracelets ou encore poupées…

On s’échappe de là après maintes et maintes phrases de politesse et autre pour partir se balader tranquillement dans les rues, regardant les différents étals ou même les gens qui s’y promènent… Opuwo est cosmopolite, les personnes s’y promenant peuvent tout aussi bien être habillés de manière européenne, comme de manière herero ou himba.

En voyant les étals, on ne peut s’empêche de vouloir tester enfin la nourriture locale : on prend un beignet pour tout le monde (d’ailleurs, son goût emballera particulièrement Nadou !). Après, ce sera canne à sucre, dégustation de viande bien cuite pour finir sur un deuxième beignet avant d’aller faire quelques courses au supermarché.

Une fois ceci fait, nous retournons à la voiture pour tout mettre dans le coffre et évidemment, on se fait de nouveau assaillir par toutes ces femmes souhaitant nous vendre absolument quelque chose…

Dans ce qui est proposé cette fois-ci, c’est de visiter un village himba.

A vrai dire, on se posait la question avant d’arriver à Opuwo. Souhaitons-nous visiter un village himba ? Comme cela était présenté dans le Lonely Planet, c’était bien touristique et ressemblait à une immense d’attraction locale, un peu gênante en somme. Mais l’occasion se présente, alors pourquoi pas ?

Avant d’aller au village himba, il faut se procurer des présents à offrir au village. Retour au supermarché pour acheter farine de maïs, beurre, pain et un petit paquet de sucre. Et enfin, en route ! Nous sommes un peu tassés dans la voiture, puisque nous emmenons avec nous notre guide. En fait, cette dernière est himba, et profite d’emmener des touristes pour voir sa famille. Elle se prénomme Queen Elizabeth (pour les touristes), son nom himba étant assez difficile à retenir pour nous autres… C’est d’ailleurs elle qui a une page dans le Lonely Planet !

Sur le chemin, discutant avec elle en anglais, nous apprenons qu’elle a 11 enfants, six filles et cinq garçons ! Son équipe de foot, comme elle dit !

Le voyage n’est pas très long et nous sommes bien accueillis au village. Les himbas voient d’un bon œil les visiteurs ramenés par Queen Elizabeth en général, puisque ces derniers apportent toujours des présents, et c’est bien sûr une distraction pour eux.

Queen Elizabeth nous présente sa famille et nous parle de la culture himba. On nous montre comment ils fabriquent la farine de maïs, des gourdes à partir de calebasses, ou même la construction de leur hutte. Sam et Christophe font des avions en papier qui remportent un franc succès auprès des enfants !

Les femmes himbas s’enduisent d’un mélange d’ocre mêlé à du beurre et leur peau dégage un énorme parfum. La coloration du mélange leur a valu le surnom de femme à peau orange en Namibie. Il faut savoir qu’ils vivent dans une région où l’eau est très rare, et de ce fait, ne peuvent se laver. Les himbas s’enduisent donc de ce mélange depuis la naissance, ce qui les protège des moustiques et de la saleté. Les femmes s’en enduisent également les cheveux ce qui leur donne un aspect de dreadlocks, et il faut savoir que chaque coiffure signifie quelque chose, comme leurs bracelets de chevilles, ou leurs ornements.
A 11 ans, ils se font arracher les quatre dents du bas, en l’honneur de la vache. Il faut dire que leur survie dépend grandement du troupeau : leur alimentation est basée sur le lait et la viande que ce dernier leur procure. La farine de maïs n’étant qu’un appoint dépendant grandement de l’abondance des pluies…

Femme Himba

Queen Elizabeth nous fait le tour du village, nous présentant le grenier fait de bouses de vache, afin de conserver le maïs qui sert ensuite au porridge, puis une pièce à dormir himba, et une autre de style herero (culturellement pas si éloigné des himbas que ça). La dernière pièce sert d’entrepôt : il y a des jupes ou des outils, ou encore de l’huile ou du beurre.

Queen Elizabeth devant le grenier

Une himba s’y installe et nous montre comment elle fait pour fabriquer son mélange d’ocre. Et là, surprise, quand elle termine, elle insiste pour nous enduire le visage ! Etrange sensation que de se voir un masque de beurre sur la figure !

De l'ocre sur le visage

Enfin, une jeune mère nous demande si nous n’avons pas du collyre, son bébé ayant une infection des yeux (et une diarrhée jaune de surcroît). La chance aidant, nous avons du collyre dans notre trousse à pharmacie, mais nous ne pouvons guère faire grand-chose pour la diarrhée du bébé, n’étant pas médecins. Les himbas ne doivent pas voir fréquemment des médecins, et comptent sur les visiteurs pour avoir parfois quelques remèdes, notamment contre la douleur des dents (pas de dentiste non plus) ou d’autres maux qui viennent fréquemment les frapper.

Une fois sortis de la hutte, les femmes himbas nous attendent en cercle pour nous présenter leur production artisanale. Chacun a son petit commerce, et il faut évidemment négocier. On leur achète 3 calebasses, 2 cuillères et un collier. Attention à bien amener de la petite monnaie, ils n’ont pas de quoi rendre, donc négociez en prix rond de préférence !

Cercle de femmes himbas

Sur ce, nous repartons avec Queen Elizabeth à Opuwo. Nous la déposerons et après de nombreux remerciements, nous quittons la ville à la recherche d’un camping.

Si, évidemment, « l’himba-tour » est particulièrement rôdé, on ne peut s’empêcher qu’il s’agit vraiment d’un plus pour ces villages, qui ainsi font tout pour garder leur culture originelle, fiers de la montrer, et leur permettant également de vivre plus confortablement. Nous avons appris quelques petits détails de ci, de là. Et évidemment, en voyant ce bébé, on ne peut songer qu’à la chance que nous avons d’avoir accès aux soins médicaux aussi facilement…. Cela fait réfléchir aussi sur « à quel point veut-on intervenir dans leur vie et changer leur façon de vivre ? » car oui… Par exemple, pour faire accéder aux soins à ce bébé, on vient forcément avec nos gros sabots ou nos médicaments… ou encore en voyant leur habitat, on comprend comment ce bébé a pu attraper une mauvaise bactérie, et de ce fait, notre société aurait tôt fait de vouloir tout aseptiser… Et ainsi, on ne peut s’empêcher aux dégâts du colonialisme d’il y a quelques centaines d’années, et combien de dégâts dans nombre de tribus il a dû faire…
Evidemment, il n’y aucune réponse évidente. Il faut trouver le juste équilibre, ce qui est donc le plus difficile.

Viande sur le grill !

Pour en revenir à notre voyage, nous ne trouverons aucun des campings marqués sur la carte, donc, camping sauvage pour ce soir ! Nous mangerons de bons steaks achetés d’aujourd’hui, grillés sur le feu, avec des morceaux de beignets et une bonne soupe avant de dormir sur les cailloux !