Au milieu de nulle part

Comme le vent est tombé, des nuées de moucherons nous tiennent compagnie ce matin, en dépit des petites gouttes de pluie. Mais bon, on le sait : il suffit de rouler un peu les fenêtres ouvertes et le vent produit ainsi les emportera bien. Après tout, à part être horripilants, les moucherons ne sont guère dangereux. On n’aura à les supporter que peu de temps !

Nous quittons notre champ pour rejoindre Goðafoss. A croire que nous n’en avons pas fini avec les cascades !

Nous nous garons au point de vue le moins fréquenté qui nous permet en plus de descendre au pied de la cascade. Il n’y a pas à dire, je trouve que Goðafoss, même si elle n’est pas la plus impressionnante reste une des plus belles ! J’aime cet arc de cercle, et dès qu’il y a un petit rayon de soleil, la voici encline à accueillir les arcs-en-ciel. Et puis, son nom est quand même poétique ! En descendant le long de la rivière, on peut même savourer une beaucoup plus petite cascade, Geitafoss.

Après Goðafoss, nous quittons la route goudronnée pour retrouver les pistes ! Après quelques kilomètres à peine, nous pouvons nous arrêter à Aldeyjarfoss, une sublime cascade ornée d’orgues basaltiques (verticaux cette fois !). Elle est haute et possède un débit impressionnant ! Nous nous installerons ici pour manger. Dommage que le temps ne soit au beau fixe, mais nous profitons quand même du paysage !

En remontant au 4×4, c’est ici qu’on se sépare de la civilisation. La plupart des touristes font demi-tour tandis que nous poursuivons la piste. Une très longue piste. Et pas pour tous les véhicules ! Elle mène jusqu’à l’entrée ouest du Vatnajokull National Park, que nous avions quitté auparavant. Mais il faut y arriver tout d’abord et ce n’est pas une mince affaire ! En fait, nous n’atteindrons le parc que demain probablement !

Devant nous, la végétation s’efface peu à peu du paysage. Nous nous trouvons face à des plaines désolées, vides de toute vie. Le désert de pierre est visible à des kilomètres à la ronde et nous sommes au beau milieu de nulle part, c’est sûr. Mais avec la 4G quand même. Ce n’est que lorsque nous traversons une rivière (à gué bien sûr) que nous percevons quelques vaillantes herbes s’accrochant au cours d’eau obstinément. Ces tâches vert fluo n’en sont que plus radieuses dans cet endroit noir et gris.

La pluie s’alterne avec le soleil, les arcs-en-ciel se suivent, se doublent et nous accompagnent pour la journée.

Au terme de nombreux kilomètres, nous avons enfin un embranchement de route. Nous tournons à gauche, et traversons nombre de gués. Nous sommes en fin de journée. Et certains gués sont notés comme importants. C’est surtout un qui nous donnera des sueurs froides car il y a un fort courant, l’eau est haute et nous sentons les pierres rouler sous les roues de Wall-E. Mais heureusement, notre brave Defender s’en sortira avec les honneurs ! (et nous au sec !).

Au fur et à mesure des gués, nous finissons par tomber sur un… pont ! Ah ! On en oubliait leur existence, mais oui, au vu de la rivière en contrebas, nous sommes bienheureux qu’il existe. Les glaciers ont fini par nous entourer et nous continuons sur la piste dans ce paysage vide pour atteindre au final… une source d’eau chaude !

L’arrivée ressemble à une oasis. D’un coup, le vent tonitruant semble être moins puissant, l’herbe et les plantes sont plus luxuriantes. A n’en pas douter qu’elles trouvent du réconfort auprès de la température douce de la source. Nous nous arrêtons au parking, il est déjà tard, même si on en oublie la nuit, ici, dans ce pays à la lumière d’été infinie !

Et si la baignade est douce, le vent rappelle bien durement qu’on est aux pieds de grands glaciers !

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