• Terre-Neuve, perle cachée du Canada

    Terre-Neuve, perle cachée du Canada

    Durant le voyage, nous nous sommes rendus compte que partager le quotidien plus ou moins en direct sur le blog était assez compliqué. De ce fait, je tâcherai à présent de faire des articles-résumés, que ce soit sur la vie en voyage ou sur les différentes régions que nous visitons.

    Si vous êtes intéressés par nos aventures en temps et en heure, je ne peux que vous conseiller de vous rendre sur notre Instagram et Facebook (gérés par Sam principalement) ou notre Polarsteps (où vous retrouverez ma plume ainsi que les photos de Sam).

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    S’il y a bien un Etat que nous avons été ravis de découvrir durant notre périple au Canada, c’est celui de Terre-Neuve ! Nous y avons vadrouillé plus de trois semaines facilement sans voir le temps passer !

    Cette grande île peu peuplée offre des paysages on ne peut plus variés et uniques au monde. Si sur la carte, on peut ne pas être emballé par la route unique qui laisse présager un aller-retour, les surprises qu’elle offre valent largement le grand détour.

    Pour nous y rendre, nous avons pris le ferry depuis la Nouvelle-Ecosse, et nous avons quitté un beau soleil radieux pour des bourrasques de vent et de pluie. Autant dire que le premier aperçu n’était pas forcément ce que Terre-Neuve avait de meilleur à montrer. Heureusement, comme sur toute île venteuse, la pluie ne dure pas. C’est un peu comme en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour ! Par contre, il peut faire beau, mais quand le vent du Groenland souffle, c’est Très Frais ! Prévoyez les bonnets, les gants et les coupe-vents, Terre-Neuve vaut tellement ce petit inconfort !

     

     

    Des paysages variés

     

     

    Terre-Neuve, c’est avant tout une île. Et s’il y a quelques plages, c’est surtout de grands falaises escarpées magnifiques aux panoramas fantastiques. Vous aimez la côte islandaise ? Vous aimerez Terre-Neuve à n’en pas douter !

    Également, l’île est parcourue d’immenses forêts et une grande partie de son environnement n’est ni habitée, ni peuplée. Il y a peut-être quelques pistes pour les ATV, ces quads tout-terrain que chaque habitant a, tout comme les moto-neiges. Car parfois, un véhicule et la route principale ne suffisent pas pour se déplacer.

     

     

    On ne peut qu’être charmés par cette côte dentelée, ciselée par le vent et les pluies, parsemée de phares hurlant leur corne de brume quand le brouillard tombe. Et quand le beau temps se révèle, le regard se perd dans un horizon infini, à la recherche des icebergs qui dérivent depuis la banquise… La végétation met des années à pousser, et semble parfois toute rabougrie. Pourtant, ces buissons ont plus d’une centaine d’années, et survivent aux rudes conditions climatiques. Et quand les fleurs éclosent, c’est tout un tapis de couleurs qui rend le paysage plus vivace encore. Les iris sauvages montrent leurs plus beaux pétales, les boutons d’or défendent leurs plates-bandes et les petites fleurs bleues ne sont pas en reste.

     

     

     

    Gros Morne et Terra-Nova

     

     

    Pour découvrir encore plus cette nature, Terre-Neuve possède deux parcs nationaux.

    Terra-Nova, le plus petit, permet de faire du canoë dans les eaux glaciales de l’océan, parfois entre deux icebergs, ou de se balader parmi les grands arbres de l’île.

    Quant à Gros-Morne, beaucoup plus gros, nous avons pu marcher sur le manteau terrestre ! Oui, le manteau terrestre affleure le sol ici. On foule des pierres uniques au monde, révélant leur nature par leur motif en peau de serpent (et s’appelant ainsi la serpentine). Il y a également un grand canyon à arpenter, et par beau temps, on peut facilement passer plus d’une semaine dans ce parc.

    Les randonnées à travers les canyons ou les forêts, l’eau n’étant jamais très loin, ont ravi nos pieds et nos yeux. On a même pu supporter les moustiques et les moucherons quand ces derniers étaient présents (quand le vent du Groenland n’est pas au rendez-vous surtout et surtout dans les forêts) tant ces chemins et ces découvertes ravissaient nos pupilles. Même si bien sûr, il n’y a pas qu’ici où l’on peut se promener. Parfois, il suffit de s’approcher d’un phare et la côte alentour nous offre une formidable balade avec des vues incroyables.

     

     

    Toute Faune dehors !

     

     

    Et les animaux ! Pour le coup, les amoureux de la faune sauvage seront ravis ! Les animaux, il y en a plein ! Évidemment, pas forcément au premier coup d’œil, mais tous les jours nous faisions une rencontre, voire plusieurs !

    Bon, déjà, il y a l’élan. Enfin, orignal plutôt. L’animal a été introduit sur l’île, car il n’y avait pas assez de viande à manger… De moins d’une dizaine, il y en a à présent plus de 80 000 ! Et comme ils n’ont pas de réels prédateurs, ils peuvent poser problème pour la végétation fragile de l’île. On peut croiser ces grands géants sur les bords des routes surtout, car dès qu’il y a un peu de fourrés, ils disparaissent comme par enchantement. C’est difficile donc de les voir. Il y a également quelques ours noirs, mais ceux-ci évitent de base les humains, on n’en a donc pas vu, mais ils sont là et donc, il faut adapter son comportement en conséquence.

    Les renards roux prennent des allures de renards arctiques par ici, avec une belle fourrure qui tombe en été. Ils ne sont pas très farouches et même plutôt curieux. On les voit souvent chasser sur les coups de 18H ou tôt le matin, ramenant quelques proies à la tanière, courant sur les bas-côtés. Les caribous peuvent également faire leur apparition au détour d’une balade. Le plus beau vient ensuite en regardant la mer….

     

     

    Les baleines suivent le saumon, et quand ce dernier revient dans les cours d’eau qui l’ont vu naître, on aperçoit les géants des mers en zieutant l’horizon. Il suffit d’attendre la bonne saison, à savoir à partir de la mi-juin. A certains endroits, on peut les voir à quelques mètres alors que l’on marche sur la plage, ou du haut des falaises, lorsque le fond est suffisant. Entre les icebergs et les baleines, autant dire que notre regard est souvent perdu vers l’océan. Quelle joie lorsque ce dernier est calme et ensoleillé.

    Les oiseaux ne sont pas en reste. Les pygargues à tête blanche peuvent pointer le bout de leur bec, les macareux nichent sur quelques rochers, et plus au sud, une énorme colonie de fous de Bassan est fidèle au rendez-vous. Pour la première fois, nous avons pu voir deux sortes de pingouins, bien loin de l’image de l’imaginaire collectif que l’on s’en fait.

    On en prend plein la vue et il y aura toujours un moment de la journée où nous serons à observer les habitants sauvages de cette île.

     

     

    Les Vikings d’abord ! Le Télégraphe ensuite !

    Terre-Neuve, c’est aussi l’endroit où ont débarqué les Vikings bien avant Christophe Colomb ! Ils sont restés une petite dizaine d’années, et pourtant, leur empreinte est toujours visible. C’en est édifiant. Notre passage est peut-être bref, mais presque immortalisé parfois dans la chair de la planète. Pour le coup, en plus, ils ont fait les choses bien : le village viking a été reconstruit comme à l’époque, et les employés du parc sont là, en costume, pour expliquer le quotidien de ces lointains visiteurs. Une visite que les enfants ont adoré, surtout qu’on l’avait mise en corrélation avec le jeu Cartaventura Vinland (qui expliquait donc ce que nous étions en train de voir sur nos yeux…!).

     

     

    Si les Vikings se sont installés au Nord, tout au Sud près de la capitale de l’île St. John, il y a également de belles balades éducatives à faire, en découvrant le lieu où a été reçu le premier télégraphe outre-atlantique et quelques forteresses d’époque, quand les Français et les Anglais se disputaient la péninsule. Ici aussi, tout passe mieux quand les employés « jouent » les rôles historiques !

    Ce côté historique est peut-être celui auquel je m’attendais le moins sur Terre-Neuve. Et pourtant, il est vraiment très bien mis en valeur et nous avons apprécié le découvrir dans ces conditions. Il y a pas mal d’éléments à manipuler de manière très ludique afin de s’imprégner de ces pages d’histoire auxquelles on ne pense pas forcément en venant ici.

    Des Grandes Petites Villes et des gens qui ont le coeur sur la main

     

     

    Mine de rien, les habitants ici sont très isolés en hiver, et pourtant, ils ont le coeur sur la main. Nous avons été super bien accueillis, les gens nous faisant entrer dans leur maison comme si nous faisions partie de la famille, partageant un bout de leur vie et de leur quotidien.

    Les villes et villages sont surtout fonctionnels, pour le côté belle architecture ou curiosité, ce sera surtout du côté de St. John, avec ses petites maisons colorées et son quartier festif du samedi soir, à l’ambiance plutôt rock. Mais au fond, les gens qui peuplent l’île ne sont pas du tout comme le vent du Groenland : ils sont chaleureux et accueillants.

     

     

    Terre-Neuve, tout à l’est du Canada, est une destination à laquelle on ne pense pas forcément. Pas très touristique, elle a encore cette saveur de terre sauvage loin de tout, sans pour autant être dans une partie reculée du monde ou inaccessible, loin de là. Certes, on ne trouve pas grand-chose en produits frais dans les magasins, il vaut mieux savoir pêcher ou chasser, ou encore avoir ses poules dans son jardin, pour agrémenter le quotidien. La vie si isolée en hiver ne doit pas être simple. Mais elle a ce charme qui ressemble à ses côtes et ses falaises : taillée à coup de serpe, sa beauté est sans pareille !

    Vous l’aurez compris : on a été ravis de la découvrir !